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Pas besoin du Wyoming pour rejouer la mythologie des cowboys, c’est aux environs de Chambéry, au pied des montagnes, où vivent Alain (Francois Damiens, bouleversant d’humanité) et sa famille, que Thomas Bidegain (le scénariste de Jacques Audiard et d’Eric Lartigau) pose sa caméra. On est en 1994, Alain est un français moyen sans histoire, fan de country western, jusqu’à ce que Kelly, sa fille de 16 ans, disparaisse sans laisser de traces. C’est le début de la quête obsessionnelle sur près de deux décennies d’un père qui remonte la piste, celle d’une filière djihadiste, des Balkans au Pakistan en passant par Anvers. Un thème qui résonne de façon encore plus tragique depuis le vendredi 13 novembre. Film prémonitoire?

Non, car la force de ce film réside dans ce drame familial qui projette un “cowboy de pacotille” dans le fracas du monde, c’est l’histoire de ceux qui restent et non de ceux qui partent… De ce père qui sacrifie sa famille, ses biens, en entrainant son fils Kid (très beau rôle pour ce débutant Finnegan Oldfield) dans sa folle recherche.

Les Cowboys, un premier film, c’est pour cela qu’il faut en excuser les défauts, mais épique et haletant, rythmé par la belle musique orchestrale du chanteur Raphaël, un western contemporain sur un destin bouleversé.

Sophie Durouchoux, décembre 2015