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geraldine fasnacht

Tout juste rentrée du Pôle Nord, Géraldine nous parle de son goût pour l’aventure, des paysages à couper le souffle et des rencontres avec ceux qu’elle croise sur sa route… Enjoy!

geraldine-fasnacht-portraitFemme volante, femme oiseau, snowboardeuse et basejumpeuse de renom, triple championne de l’Xtreme de Verbier, onze victoires en compétitions internationales de snowboard… Rencontre avec Géraldine Fasnacht, une sportive impressionnante aux multiples défis.

Passionnée de montagne et amoureuse de la sensation “de voler”, cette athlète suisse née à Lausanne s’envole des sommets du monde depuis l’âge de 18 ans. Toujours en quête de découvertes et d’aventures humaines, ses exploits sportifs la font voyager au quatre coins du globe…

bythelake: Comment cet amour pour le voyage est-il né ?

Géraldine Fasnacht: J’ai attrapé le virus toute petite. J’ai commencé à explorer le monde grâce à ma maman. Elle est directrice d’une école de langue et je partais tout le temps en voyage avec elle. Elle m’avait aussi abonnée au magazine GEO et je me souviens que je passais tous les week-ends pluvieux à détacher les pages que j’aimais pour les afficher dans ma chambre. Par la suite, dès que j’ai commencé à faire beaucoup de montagne, j’ai pu toucher à cette beauté des sommets que j’admirais. Ce goût du voyage a rapidement guidé mes choix. J’ai fait mon apprentissage à l’aéroport de Genève, puis, mon diplôme en poche, je me suis dit: “maintenant, mon cadeau, c’est que je prends mon snowboard et je pars dans la Cordillère des Andes”. C’était une idée fixe, et donc je suis partie, à 18 ans, toute seule, là-bas… Aujourd’hui, je continue. Je parcours le monde avec mon snowboard, parce que c’est ce que j’aime. J’aime les belles montagnes et les belles falaises.

geraldine-snowboardbtl: Vos voyages sont-ils “extrêmes” ?

GF: De l’extérieur, oui, on pourrait qualifier mes sports ou mes expéditions d’extrêmes. Personnellement, je n’aime pas vraiment ce mot parce qu’il donne l’impression de faire les choses de façon “négligée”: la wingsuit, le snowboard freeride et mes voyages demandent tellement de préparation, que pour moi c’est tout sauf extrême. Aller au Pôle Nord affronter des températures de -40° ou en Antarctique au milieu des glaces sans possibilité de ravitaillement, ce ne sont pas des projets que l’on peut réaliser sans un véritable entrainement. Au niveau sportif, mental, ou de la connaissance profonde de soi et de ses propres limites, c’est le travail de toute une vie! Je rentre justement du Pôle Nord où j’ai participé à la Coupe Mamont. Plus de 100 km à parcourir en trainant notre pulka. On croyait marcher sur la lune, c’est très plat, très blanc, mais pas lisse du tout! J’étais loin de m’imaginer ça. On a dû contourner des failles, passer par-dessus des blocs de glace avec des températures de -35° à -40°…

btl: Qu’attendez-vous de ces aventures au bout du monde?

GF: Mes voyages, c’est plus qu’une attraction pour des sommets “canon”. Bien sûr, il y a l’esthétique d’une montagne et l’ambition de découvrir de nouvelles faces. Mais c’est aussi une réelle envie de rencontrer des personnes de culture différente, des animaux qui vivent dans une nature peu explorée ou encore inconnue à mes yeux. Et pour moi, ça enrichit ma vie!

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btl: Quelles sont vos plus belles expériences, aussi bien sportives qu’humaines ?

GF: Mon voyage au Mali en 2005. Nous avons vécu avec les habitants pendant un mois, tout proche de la falaise où nous allions grimper puis sauter en base jump. Cette vie en communauté a été un partage extraordinaire, notamment de leurs coutumes. Il y a eu aussi mon voyage sur la Terre de Baffin: cette île entre le Groenland et le Canada. C’était la première fois que j’étais en autonomie totale sur la glace. Petite anecdote: les Inuits adoraient venir boire des chocolats chauds à notre camp de base qui était à huit heures de leur village alors qu’ils disaient qu’ils allaient pêcher. C’est notamment durant ce voyage que j’ai découvert l’histoire de cette population.

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btl: Qu’aimez-vous transmettre à ceux qui vous suivent?

GF: À travers mes aventures, j’espère transmettre du bonheur et de l’inspiration. Je voyage, j’explore et je me réalise dans ce que j’aime pour montrer que les barrières sont uniquement posées par notre cerveau. C’est en voyageant que j’ai dépassé mes propres limites et que je me suis dit: tous les rêves sont réalisables, il faut juste y croire. Et je n’avais pas les rêves les plus faciles: je voulais devenir championne de freeride, participer à l’Xtreme de Verbier et en plus je voulais voler. On m’avait dit que c’était impossible mais je suis allée au-delà des limites, au delà des frontières. Donc j’espère que par mes aventures, je peux entrainer d’autres personnes à croire en leurs rêves et à les réaliser.

btl: Les sommets d’ailleurs sont-ils plus attirants que les sommets suisses?

GF:  Non pas du tout. Toute l’année je m’entraîne à la maison, à Verbier en Valais principalement. Ici, je réalise des performances de plus haut niveau qu’à l’étranger. Comme le saut base jump du sommet du Cervin par exemple; la plus intense réalisation de ma vie. Aussi parce que c’est mon environnement, c’est là où je me sens le mieux. Je trouve que j’habite le plus beau pays du monde, une géographie idéale pour rider en snowboard et sauter en base jump. J’adore partir et j’adore revenir.

Lucy Isler, avril 2015

Retrouvez tous les voyages et expéditions de Géraldine sur son site: www.geraldinefasnacht.com

Mes coups de coeur au bord du Léman

Lausanne où je suis née est ma ville coup de coeur, on peut pratiquement voir le lac et les montagnes partout. J’adore aussi Montreux pour flâner le long de la rive et regarder les montagnes tomber dans le lac. Mon restaurant préféré est sans aucun doute celui de l’Hôtel Swiss Majestic à Montreux. J’adore sa terrasse qui offre une vue impressionnante et en plus, on y mange super bien!