Sandrine Bourgeois – juillet 2020

Pour les vacances, Le petit coin lecture souhaitait glisser dans la valise un roman au souffle romanesque. Lequel choisir pour voyager à travers le temps et l’espace, aux côtés d’un personnage attachant ?
“La Femme révélée” de Gaëlle Nohant nous transporte des années 50 à 70 en pleine ébullition sociale, aux côtés d’une femme courageuse tiraillée entre Chicago et Paris.
Ce grand succès en librairie vient de remporter le Prix littéraire suisse du LÀC. Ce qui n’a rien d’étonnant, la romancière n’est pas à son premier coup d’essai. Elle avait fait vibrer ses lecteurs avec l’histoire réelle et terrifiante de femmes prises au piège de l’incendie du Bazar de la Charité avec « La part des flammes ». Puis, elle a ressuscité avec force le poète Robert Desnos dans « La légende d’un dormeur éveillé ».

Festival du LÀC

Festival du livre à Collonge du 29 au 30 mai 2021

L’histoire

©Zep

Sous un nom d’emprunt, l’américaine Violet Lee, passionnée par la photographie, part précipitamment de Chicago, laissant derrière elle, son riche mari et son jeune fils adoré. Pour des raisons mystérieuses, elle se cache à Paris dans un hôtel sordide. Elle y découvre à travers l’objectif de son Rolleiflex le Paris des années 1950,  ville éprise de liberté où le jazz enflamme les caves de Saint-Germain.
Au fil de ses rencontres, elle photographie des personnes ordinaires abîmées par la vie. Déchirée par ses passions amoureuses, l’abandon de son fils, et tiraillé entre deux continents, elle lutte pour sa liberté. Violet ne reste pas insensible au mouvement des droits civiques aux États-Unis ainsi qu’aux manifestations contre la guerre du Vietnam.
Quelles sont les raisons de sa fuite? Retrouvera-t-elle son fils ? Quel sera son destin ?

Pourquoi vous allez aimer

“La femme révélée” de Gaëlle Nohant dépeint avec subtilité la destinée d’une femme courageuse et les remous de la période évoquée. Ce roman à l’écriture ciselée et parfaitement documenté réussit à transporter le lecteur dans le passé, tout en lui apportant matière à réflexion sur les injustices sociales et le racisme aux Etats-Unis.
L’écrivaine trouve les mots justes pour décrire la difficulté de l’exil et la culpabilité liée à l’abandon d’un enfant « Partir n’est pas le plus difficile… Le plus dur, c’est de se pardonner de ne pas être resté. »
La photographie tient une place importante dans cette histoire où plane l’ombre de grands noms tels que Henri Cartier Bresson, Vivian Maier…
Un grand coup de cœur pour la vie révélée d’une femme qui prend son destin en main et lutte contre l’adversité.
Laissez-vous envoûter par cette photographe au regard plein d’humanité et par l’écriture exceptionnelle de Gaëlle Nohant.