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Sandrine Bourgeois – Novembre 2019

Le Petit Coin Lecture gagné par l’appel de la montagne et des grands espaces a été très touché par le dernier ouvrage de Sylvain Tesson, LA PANTHERE DES NEIGES.
Il n’est pas le seul à avoir été transporté par ce récit de voyage au Tibet à la recherche, quasi spirituelle, de la mystérieuse panthère des neiges. Véritable hymne à la beauté de la nature et à la contemplation, ce livre arrive en tête des meilleures ventes. Alors que « La Panthère des neiges » ne figurait pas dans la liste des quatre finalistes, Sylvain Tesson, lauréat inattendu, a été récompensé par le prestigieux prix Renaudot 2019.
L’écrivain voyageur va-t-il réussir à apercevoir la panthère des neiges pendant l’expédition avec le célèbre photographe animalier Vincent Munier, au cœur des vertigineuses montagnes tibétaines ? La panthère victime de la folie meurtrière des hommes aurait-t-elle complètement disparu ? De ce voyage sont nés deux magnifiques ouvrages « La panthère des neiges“ et « Tibet minéral animal ».


Genève : Venez rencontrer à la librairie Payot Rive gauche Sylvain Tesson le mercredi 4 décembre 2019 de 17h30 à 19 heures


Vaud : Venez rencontrer à la galerie « Soleil de Minuit » Sylvain Tesson et Vincent Munier le mardi 3 décembre 2019 de 18 heures

L’histoire…

Le grand photographe Vincent Munier qui considère « la nature en artiste » propose à Sylvain Tesson de l’accompagner au Tibet, à quatre ou cinq mille mètres d’altitude en plein hiver, apercevoir une bête qu’il poursuit depuis six ans.

L’écrivain qui ne croyait pas initialement à ses capacités à assumer un tel voyage, accepte finalement de faire partie de l’équipe de Munier, en compagnie de Marie, sa compagne cinéaste, et Léo l’aide de camp : « Ne pouvant pas porter de charges à cause d’une colonne vertébrale fragile, n’ayant pas la moindre compétence photographique ni aucune habitude de la piste animale, j’ignorais quel serait mon emploi…On m’offrait le Tibet sur un plateau. Je partais chercher une bête invisible… ».

La carte qui ouvre le livre n’est pas d’une grande utilité, car Vincent Munier a fait promettre de ne pas dévoiler les lieux, pour protéger la panthère des chasseurs… « Nous prîmes l’habitude de désigner les endroits par les termes d’une géographie poétique, personnelle… : vallée aux loups, lac du Tao… ».

La nature y est dépeinte somptueuse et glaciale. Parfois, l’équipe aperçoit au loin dans la steppe entre roche et neige des yacks, un loup, des chevaux…

Dans des conditions de températures extrêmes, jusqu’à moins 35 degrés, l’équipe qui pratique l’affût attend pendant des heures l’apparition de la panthère. L’affût qui est « une foi modeste » n’est pas facile pour l’écrivain baroudeur, habitué aux exploits sportifs et aux ascensions rapides. Il découvre avec un immense plaisir l’attente et la simplicité.

L’apparition magique du félin s’offrira-t-elle à l’équipe ?

Pourquoi vous allez aimer…

Sylvain Tesson réussit, avec subtilité et émotion, à emporter avec lui le lecteur dans les hautes montagnes désertiques du Tibet.

Bien au chaud pour notre part, nous y découvrons une nature sublime, peuplée d’animaux invisibles.

“En regardant l’animal, on faisait comme les mystiques : on saluait le souvenir primal ». Seuls l’affût et la patience permettront peut-être de les découvrir : « …nous endurions le froid, sans certitude d’un résultat. Au « tout, tout de suite » de l’épilepsie moderne, s’opposait le « sans doute rien, jamais de l’affût »».

L’auteur célèbre avec ferveur les beautés encore préservées des ravages de la nature par l’avidité de certains hommes. Véritable manifeste en faveur de la protection de la Nature, Sylvain Tesson n’est pas un donneur de leçons. Il témoigne de ce qu’il voit et ressent. Cela fait du bien qu’un auteur, à succès, rappelle la beauté du monde.

Ce récit est aussi l’occasion pour l’écrivain de rendre un hommage émouvant à sa mère disparue, toujours trop tôt, à qui il dédie son ouvrage. « Les êtres qui étaient disparus, après lesquels je courais en pensée prenaient forme ».

Malgré l’ivresse des sommets, ce récit est une bulle d’oxygène qui ne manque pas d’humour. Il se moque des chasseurs qui prétendent aimer la nature : « Faut-il laisser les chasseurs entrer au musée » s’interroge l’auteur. «Par amour de l’art ils lacéreraient un Vélasquez».

Ce livre est pour tous ceux qui apprécient les récits de voyage, les descriptions de la Nature, les réflexions intimes sur la place de l’Homme dans cet univers qui nous dépasse.

Pour aller plus loin…

A l’écart dans la montagne, Claudie Hunzinger donne le goût de la nature foisonnante et la passion de l’écriture. La romancière offre un roman puissant qui témoigne de sa passion pour les cervidés et son combat contre ceux qui les traquent.

La montagne tient un rôle central. « Il n’y a rien de mieux que la montagne pour se souvenir ». L’histoire pleine d’authenticité se déroule à Grana dans un petit village du Val d’Aoste en Italie. Un jeune garçon venu passer ses vacances d’été se lie d’amitié avec un montagnard de son âge. Ils s’apprivoisent et partagent l’amour de la montagne.

L’incontournable roman de Ramuz (1848-1947) « La grande peur dans la montagne » qui révèle les angoisses ancestrales de l’homme face aux forces puissante de la Nature. Cette histoire inquiétante et fantastique contée dans une belle langue est à lire l’hiver un soir de neige.

MCBA