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Sacha Després – septembre 2017

Antoine Jaquier... sera présent au Livre sur les Quais à Morges du 1 au 3 septembre

Mélodie est bien née. Jeune et jolie lausannoise de 25 ans, elle croit avoir la vie devant elle. Passionnée par la mode, elle tient un blog qui rencontre un certain succès. Les annonceurs se pourlèchent, la courtisent et la font peu à peu entrer dans le carré VIP du grand capital. D’aucuns veulent l’inscrire à leur tableau de chasse. À commencer par son boss qui lui offre la promotion de ses rêves en échange de quelques moments d’intimité. La jeune femme accepte, se plie aux règles du sacro-saint système.

Mélodie navigue à vue. Autour d’elle il y a Tom, son amoureux méprisable. Un photographe accro au jeu qui la fait rêver un temps, avant de la perdre sur un coup de poker. Qui remportera la mise ? Blerim. Un charmant kosovar perdu entre sa bonté d’âme et la loyauté qu’il doit à ses oncles mafieux.

“Légère et court-vêtue”, c’est aussi la tendre mélancolie du papa de Mélodie et la délicatesse du discret Valentin, le voisin transgenre dont tout le monde feint d’ignorer la souffrance.

Antoine Jaquier dresse une galerie de portraits féminins remarquable. Dardana, la jeune prostituée persuadée que le mariage la sauvera de sa « provisoire » condition d’esclave. Sandra, la banquière suisse arriviste racolant les français fortunés dans les palaces parisiens pour les inciter à planquer leur argent dans sa banque. Et puis il y a Pauline, la jolie. Une parisienne dont le cancer a emporté la poitrine et qui emportera à son tour Mélodie, dans un tourbillon d’amour.

Légère et court-vêtue” est une véritable mise en abîme des devantures du capitalisme. Le livre aurait d’ailleurs pu s’appeler Vitrines. Celles-ci y sont omniprésentes – volent en éclats les unes après les autres. Il y a bien sûr les vitrines des boutiques et les vitrines numériques ; celles des magazines et des réseaux sociaux ; mais aussi celles des familles proprettes de la classe moyenne supérieure. Enfin, celles des bordels suisses que l’hypocrisie bien-pensante appelle « salons de massage ».

Lire Antoine Jaquier, c’est une expérience dont on ne sort pas complètement indemne.

Dans ses deux précédents ouvrages, l’auteur lausannois gratte l’humain jusqu’à l’os avec un naturel déconcertant. Qu’il s’agisse d’ados toxicos en quête de sensations fortes ou d’un père en prise avec le bourreau de son fils, l’écrivain vise toujours juste et nous séduit – encore.

Il en est de même pour son troisième ouvrage “Légère et court-vêtue“, paru aux éditions parisiennes de La Grande Ourse. La plume d’Antoine Jaquier s’intéresse cette fois-ci à la génération Y, née entre 1981 et 1995 ; ces jeunes adultes coincés entre deux lettres et entre deux mondes, le X et Z.

Sacha Després est née en région parisienne au début des années 80. De formation littéraire, elle entre dans une école préparatoire aux Beaux-Arts puis obtient un bachelor en Information et Communication en France. Après avoir travaillé dans l’Éducation nationale, l’artiste renoue avec ses premières amours en Suisse.

Peintre et auteure d’un premier roman remarqué en 2015, Éditions L’Âge d’Homme), Sacha travaille aujourd’hui ses thèmes de prédilection sur la toile comme sur le papier.

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