Ce magnifique roman largement autobiographique raconte l’histoire d’un jeune homme «étranger à lui-même et aux autres »

qui, après avoir passé onze mois à Berlin pour écrire sa thèse de philosophie, arrive à Paris en 1926 avec quelques dollars en poche. Il survit en exerçant des petits boulots et rencontre quelques déracinés qui lui ressemblent. Le narrateur n’a pas de nom et Sandor Marai parle de lui à la troisième personne dans la première partie, sans doute parce qu’il n’a plus de repères, ni existentiels, ni géographiques. Il passe au « je » dans le deuxième partie, après la rencontre du narrateur avec une jeune femme française, qu’il suit en Bretagne, sa région natale.

Il nous offre également de savoureuses descriptions des Français entre les deux guerres.

Un livre qui parle de la difficulté d’être et du sentiment d’être parfois spectateur de sa propre vie.

Redécouvert en Europe au début des années 90, date des premières traductions de ses livres, Marai est un orfèvre du style et un maître de la psychologie. Il nous raconte superbement des histoires d’un monde disparu, mettant en scène des personnages qu’il analyse très finement, parvenant à les rendre universels.

Il est considéré comme un des grands écrivains du 20e siècle, un des derniers représentants de la culture, brillante et cosmopolite, de la Mitteleuropa, emportée par la chute de l’empire austro-hongrois.

  • A lire du même auteur: “La conversation à Bolzano”, traduit en 1992, “Les confessions d’un bourgeois”, traduit en 1993 et ” Les braises”, un chef d’oeuvre, traduit en 1995.