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Vargas-Fred-slider

“- Je ne trouverai pas, Lucio. Trois sont morts en huit jours, d’autres sont en danger, dont quatre que je ne connais même pas. Ils seront tués demain, dans un an, dans vingt, on ne peut pas dire”. Les morts s’accumulent et le commissaire part en voyage…

L’énigme est complexe et nous fait explorer un espace-temps fantastique: de la Révolution Française à la mythologie islandaise, en réveillant au passage des secrets de famille pas très glop, il y a de quoi se triturer les neurones. Ou pas. Ce n’est pas le genre de l’intuitif commissaire Adamsberg, qui laisse du temps au temps et se retrouve même, au détour d’un bois, adopté par Marc, un sanglier “bodyguard”…

Le héros récurrent de Fred Vargas et son équipe hétéroclite ont mis quatre ans depuis “L’Armée Furieuse”, pour revenir nous harponner avec ce polar cultivé, poétique et subtilement drôle.

Petite musique de nuit, à savourer le soir avant de s’endormir, quand tout est calme, déguster quelques pages pour échafauder à l’envi des théories, autant de chemins de traverse sur lesquels l’auteur nous convie tranquillement. Et franchement, on s’égare souvent.

Comme Adamsberg d’ailleurs. Surnommé le pelleteur de nuages depuis son aventure canadienne “Sous les vents de Neptune”, les circonvolutions de ses pensées évoquent “de longues marches sans boussole dans les brumes”. C’est dire…

A lire, en sachant que dans cette valse à mille temps, c’est Fred qui conduit.

Véronique Baligan-Bertrand, avril 2015