Pascale Rousseau – septembre 2020

“Couleur d’orange/Un jour de palme, un jour de feuillage au front/ un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront…” Grégoire Delacourt s’est inspiré d’un poème d’Aragon chanté par Jean Ferrat pour trouver le titre de son nouveau roman. Et on le comprend… Quoi de plus sensible et émouvant que les paroles de ce poète du XXème siècle? A vous de juger.

Editeur : Grasset

Un matin froid de novembre, dans le nord de la France, un groupe de copains enragés et bien décidés à se faire entendre, occupent un rond-point. Parmi eux, Pierre, récemment licencié, vigile dans un supermarché. Il a épousé Louise, infirmière en soins palliatifs, elle réconforte ceux qui sont dans la souffrance, ceux qui sont sur le départ.

Et puis, il y a Geoffroy, leur fils, 13 ans. Geoffroy est différent, il ne supporte pas le contact, a une mémoire phénoménale, compte la taille exacte de ses pas. Les couleurs le rassurent. Sa vie va changer lorsqu’il va croiser les yeux vert Véronèse de Djamila 15 ans. Les deux enfants ne se quitteront plus. Mais Pierre ne sait pas faire. Pierre le révolté, Pierre et sa colère Il ne sait pas comment parler à son fils, comment l’aimer. Il s’éloignera de sa famille et sera rattrapé par sa propre violence.

Quel bonheur de retrouver la plume sensible de Grégoire Delacourt. Cette fois-ci, il nous plonge au coeur de notre époque au milieu des manifestations des gilets jaunes. Il n’oubliera pas la montée du racisme, la violence dans les banlieues, l’abnégation du personnel soignant, la peur de la différence.

L’auteur que vous connaissez peut-être pour avoir écrit “La liste de mes envies”, “Danser au bord de l’abîme”, ‘La femme qui ne vieillissait pas”, ou encore “Mon père” nous offre cette fois-ci un roman social au coeur d’un pays en effervescence où les hommes et les femmes nous livrent leur désespoir et leur désillusion. L’histoire saura évoluer avec tendresse et pureté vers le conte initiatique où l’amour triomphera. Belle leçon que ce roman écrit avec beaucoup de sensibilité et néanmoins de réalisme.

Autant dire que Grégoire Delacourt est une valeur sûre de la rentrée littéraire et gageons qu’il y aura un prix à la clé. C’est tout le bonheur que Bythelake lui souhaite! Rendez-vous en novembre prochain!

Ce que vous ne savez peut-être pas sur Grégoire Delacourt

Ancien publicitaire, on lui doit ces fameux slogans : «Vous n’aviez jamais mangé de camembert» (Coeur de Lion), «Nous vous devons plus que la lumière» (EDF), « Un Lutti d’offert, c’est un Lutti de perdu» (Lutti).

– “On ne voyait que le bonheur” a figuré sur la liste du Goncourt, raté d’un cheveu le Goncourt des Lycéens.

– En 2012, il sort son deuxième roman “La liste de mes envies” et rencontre un succès considérable qui fait l’objet d’une adaptation théâtrale en 2013 à Paris et une adaptation au cinéma en 2014 avec Mathilde Seigner, Marc Lavoine et Patrick Chesnais dans les rôles principaux.

– Scarlett Johansson poursuivra JC Lattés, l’éditeur de Grégoire Delacourt pour le roman “La première chose qu’on regarde” dans lequel il raconte la rencontre entre Jeanine Foucamprez, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’actrice de Match Point, et un garagiste fan de la première heure. L’actrice poursuivra l’éditeur pour «violation et exploitation frauduleuse des droits de la personnalité». Sans manquer d’humour, l’auteur déclarera dans la presse «Je m’attendais plutôt à ce qu’elle me donne rendez- vous pour prendre un café»…

L’actualité de Grégoire Delacourt

Après” La Liste de mes envies”  et “On ne voyait que le bonheur” ,  “La femme qui ne vieillissait pas” va être crée à Avignon l’été prochain, Françoise Cadol sera l’interprète et Tristan Petitgirard sera à la mise en scène.
“Mon Père et Les Quatre saisons de l’été” sont en cours d’adaptation et de production pour la scène.

Et sûrement une adaptation pour le cinéma, mais pour l’instant, il est trop tôt pour en parler, alors chut !