Le Calamity Club
Kathryn Stokett
Kathryn Stokett
L’histoire se passe en 1933 dans le Mississippi, à l’époque du Krach de 1929 et de la Grande Dépression. Al Capone sévit à Chicago, les ligues puritaines pullulent et la prohibition est en vigueur.
Trois personnages principaux se rencontrent et l’histoire alterne en prenant tour à tour la voix de l’une ou de l’autre tel un roman choral.
Meg, une petite fille de 11 ans est placée dans un orphelinat qui a tout de l’horreur. Elle est le souffre douleur de la responsable. Sa situation nous évoque celle d’Oliver Twist, livre cité dans l’ouvrage.
Birdie, est une jeune femme simple, économe et bienveillante. Elle est élevée comme un garçon par son père après qu’une maladie infantile ait réduit ses chances d’enfanter. La famille ayant des soucis financiers, elle part chez sa soeur afin de lui demander de l’argent.
Charlie, mère célibataire refusant le carcan social , veut s’en sortir à tout prix mais on cherchera à la briser.

Marie-Christine Billa, août 2026
C’est un roman addictif et facile à lire malgré ses 682 pages.
J’avais adoré La couleur des Sentiments du même auteur, sorti il y a 15 ans et j’avoue y être allée vent debout sans me renseigner. Je me suis laissée charmer par cette histoire de sonorité, par ces femmes fortes, rabaissées et se relevant toujours.
J’ai été prise par l’atmosphère un peu désuète de ce sud des USA et de l’esprit des planteurs de cotons.
J’ai trouvé amusant les contrepieds pris sur cette atmosphère « crinoline et bien pensante » dont on nous montre les travers et où les les personnages s’appliquent à créer les ruptures.
Ce livre se lit sur plusieurs niveaux
De prime abord ça semble un roman de plage, bien écrit et facile à lire. Mais lorsqu’on creuse un peu on retrouve des thèmes deja évoqués dans la Couleur des Sentiments.
. La non mixité entre gens de couleur et blancs et le décalage qui existe même auprès de ceux qui veulent être progressistes. Forgée par l’éducation, elle reste tenace et on comprend qu’elle sera difficile a faire disparaitre. L’image des WC revient dans ce roman comme un des marqueurs de cette difference sociale.
. La domination masculine et la volonté de cantonner la femme à dun rôle ménager et reproducteur. J’avoue avoir recherché les lois évoquées dans le livre comme celle sur le stérilisation au Mississippi en avril 1928 ou l’Economic Act de 1932.
. L’histoire du sud des USA tout simplement avec celle des grandes plantations, du krach de 1929 et de la chute du prix du coton.
. L’humour comme lorsque Meg tente d’expliquer à Dorella le fonctionnement des WC avec chasse d’eau
Mais surtout celle de la violence faite au nom de la moralité. Cette Amérique puritaine des lois absurdes que l’on tent à retrouver aujourd’hui. Je me suis dit que le pas n’était pas si grand lorsqu’on voit le recul que subit aujourd’hui la société américaine au nom de ce puritanisme bien pensant. Ce droit à enfermer, mettre sous tranquillisant ou stériliser des personnes considérées comme déviantes ou faibles d’esprit, reprise par les nazis.
J’ai aimé la finesse de l’auteur qui peu à peu nous dresse le portrait de l’époque et celui des ses acteurs. On se laisse prendre au charme des personnages et on vibre avec eux de colère et de soif de liberté. Comme dans son précédent livre, les personnages de ce roman résonneront encore dans ma tête des années plus tard.
« J’ai nourri toute ma vie les plus grands espoirs. Chaque jours, je cultive l’optimisme et je compte continuer… »
« Sur la porte vitrée il était peint : Tout le monde mange au Buffaloe! Et en dessous un panonceau écrit à la main précisait: Reservé aux Blancs. J’entrais en songeant: Mon Dieu toutes ces contradictions que personne ne voit.. »
« Toutes les femmes devraient pouvoir choisir leur vie. C’était un peu sentencieux et l’idée était si neuve pour moi qu’elle me semblait ir

