6 ROMANS EN QUÊTE D’ÉDITEUR
RICARDO PAYRO
©Michel Juvet
RICARDO PAYRO
©Michel Juvet

Catherine Gindre, mars 2026
C’est parce que j’étais impatient de connaître la suite (rire) ! Plus sérieusement, avec Clandestine, j’avais décidé de me lancer dans une série plus policière, qui mettrait en scène un héros récurrent. Le policier, le détective privé, le journaliste, l’espion ou la vieille dame dans son village anglais, tous ces personnages classiques étant déjà vus et revus, j’ai opté pour Fred Loizeau, qui est skipper de voilier de location. Plus qu’un héros, c’est un anti-héros qui n’est pas vraiment taillé pour l’action. Véritable cœur d’artichaut, un rien trouillard, il se laisse entraîner malgré lui dans des péripéties qui le dépassent. Chaque semaine, il embarque des clients très divers pour une croisière de quelques jours dans un décor de rêve. Et parfois, il se trouve mêlé à des intrigues qui le dépassent un peu et dont il se sort in extremis. Et pour mériter le nom de « série », il fallait au moins qu’il y ait deux épisodes, alors je me suis lancé dans l’écriture de Disparue immédiatement après avoir fini le premier.
Après la Croatie, Fred Loizeau exerce désormais son métier de skipper en Grèce, dans les Îles Ioniennes. À l’issue d’une semaine épuisante avec un couple d’instagrammeurs qui ont passé leur temps à se photographier, il est arrivé à Corfou et n’est pas mécontent de se changer les idées. D’autant plus qu’il fait la connaissance de Danaé, l’assistante personnelle d’un milliardaire grec qui passe des vacances en famille sur son voilier de luxe. Mais alors que la relation semblait débuter sous les meilleurs auspices, Danaé disparaît soudainement et Fred se retrouve dans le collimateur de la police.
Comme les enfants d’une fratrie, mes livres partagent un air de famille, même s’ils sont tous différents. Sur le fond, la série Fred Loizeau est peut-être plus légère, avec certains aspects comiques et un héros sans doute plus sympathique. Et par nature, la série est naturellement plus « policière » que les autres, avec une mécanique qui demande beaucoup de précision pour rester crédible. Cela influence donc le travail d’écriture, puisque toute l’intrigue doit être prévue à l’avance, comme une mécanique de précision. Dans mes autres livres, j’ai un point de départ, parfois une idée de l’arrivée, mais entre les deux, je ne savais pas toujours ce qui allait se passer. Je me laissais guider par les personnages. Du point de vue de la forme, ils ont tous en commun d’être écrits à la première personne, dans un style épuré et sans fioritures, qui cherche le juste milieu entre style parlé et écriture formelle. Mon souci est d’être le plus réaliste possible, tout en restant agréable à lire. Même s’il y a des exceptions, il me semble que trop souvent en France, on « fait de la littérature » pour la beauté de la chose, en se regardant écrire et en se félicitant de la qualité de son écriture et la richesse de son vocabulaire. Mais ça ne m’intéresse pas d’écrire dans une langue trop classique, trop « Académie Française ». Je suis plutôt influencé par les auteurs anglo-saxons, dont la langue me semble plus moderne.
Il s’agit de la suite de Meráki, qui raconte la vie d’Olivier. Après le décès de sa femme, celui-ci décide de s’installer sur la petite île grecque où ils avaient leur maison de vacances. Dans ce second volet, nous le retrouvons trois ans après son départ précipité de l’île. Avec le temps, les tensions semblent s’être apaisés et il revient animé d’une énergie renouvelée et de l’envie de tenter à nouveau sa chance pour se construire une nouvelle vie.
Bien sûr ! Car même si certains s’en défendent, on écrit tout de même pour être lu… Naturellement, j’ai envoyé tous mes manuscrits à tous les éditeurs potentiels, qu’ils soient en Suisse romande ou en France. Pour le moment sans succès, mais j’espère encore qu’un jour, une maison d’édition s’intéressera à mon travail. Il faut dire que les éditeurs reçoivent des dizaines, voire des centaines de manuscrits par semaine et ne peuvent logiquement pas tous les retenir. Alors il y a beaucoup de candidats, mais peu d’élus. En attendant, je les ai publiés sous forme électronique sur différentes plateformes, comme Amazon, Rakuten Kobo ou la FNAC. Et comme Amazon propose un service de « print on demand », mes livres sont également disponibles sous forme imprimée. C’est plus pratique pour les dédicaces (rire) ! Mais, à part la famille et les amis, cela reste encore très (trop) confidentiel. Pour être lu, rien ne vaut le soutien d’un éditeur, d’un distributeur et des libraires. Alors si vous connaissez une maison d’édition que cela pourrait intéresser, n’hésitez pas à lui parler de moi !
Bibliographie
Plus d’infos sur payro.ch/romans

Festival du LÀC 2026 : la sélection du prix du festival