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Nous vous emmenons en Valais, à Lens, en bordure du lac du Louché, pour découvrir la Fondation Opale (anciennement Fondation Arnaud). Le centre d’art a rouvert ses portes au public dimanche dernier, avec pour “Guest star”, le célèbre photographe français, Yann Arthus-Bertrand, partageant la vedette avec l’artiste australien, Robert Fielding. Le centre d’art contemporain, ouvert en 2013, oeuvre de l’architecte, Jean-Pierre Emery, renaît de ses cendres grâce à son acquisition en mai dernier par Bérangére Primat, héritière d’une famille d’industriels français.

Résidente à Crans-Montana avec sa famille depuis plusieurs années, cette passionnée et grande collectionneuse d’art aborigène, souhaite faire dialoguer cet art ancestral australien et l’art contemporain au travers d’expositions, de rencontres, d’ateliers. Et permettre au public de découvrir par le biais de l’art d’autres cultures, la richesse de notre monde, les défis et problèmes environnementaux qui préoccupent tout un chacun.

La Fondation Opale : un lieu unique en Europe

Son histoire, sa situation géographique et son architecture :
Les premiers propriétaires de la Fondation, baptisée en hommage à Pierre Arnaud, amoureux du Valais et collectionneur, avaient déjà compris l’intérêt de construire un centre d’art à Lens, station du Haut-Plateau, à 748 m d’altitude. La région mondialement connue pour son domaine skiable, notamment avec Crans-Montana, attirant une clientèle souvent aisée, devait s’enrichir également d’offres culturelles. Le bâtiment de verre et de béton, créé par l’architecte Jean-Pierre Emery, sert de miroir magique au paysage environnant, tous les éléments s’y reflètent à merveille. La façade orientée soleil sert aussi de centrale photovoltaïque dotée d’une isolation thermique (nanoparticules). Quant un lieu d’art et de beauté respecte aussi l’environnement, bravo!

L’objet de la Fondation, sa situation exceptionnelle, même si excentrée et un peu difficile d’accès par transports publics, ont sans aucun doute pesé favorablement en faveur de la reprise par Berengère Primat. Elle re baptise la fondation “Opale” du nom de cette pierre emblématique d’Australie, dont la couleur irisée rappelle la superbe façade miroir du bâtiment!

Berengère Primat et son équipe aux commandes de la Fondation :
La collectionneuse d’art aborigène, amoureuse de la région, et mère de 5 enfants, a décidé d’acquérir la Fondation en mai dernier après mûre réflexion. Les anciens propriétaires lui avait permis d’exposer quelques tableaux de sa collection (environ 600 au total) lors de la dernière exposition en décembre 2017. Elle avoue également avoir pris en compte le soutien indispensable de ses enfants, surtout après leur voyage, en Australie, en avril dernier. Cela leur a permis de comprendre réellement sa passion pour l’art aborigène et son souhait d’acquérir la Fondation à laquelle ils seraient naturellement liés pour un certain temps. Berengère Primat est une femme de son temps, passionnée, dynamique, curieuse du Monde et des autres cultures. Elle adore le partage et ne cesse de répéter que ce centre d’art doit être un lieu de vie et d’échanges.

Cette belle aventure, elle ne peut pas la faire en solo, il lui fallait créer une équipe solide et motivée. Elle se compose, à ce jour, de 4 personnes dont son directeur, Gauthier Chiarini, officiant auparavant à la Fondation suisse pour la culture, Pro Helvetia. Comment attirer du monde vers ce petit bijou culturel ? Il faut miser sur des expositions de qualité et porteuses de messages véhiculant les convictions et les engagements de Berengère Primat et de son équipe. Transition facile pour justifier le choix des photographes Yann Arthus-Bertrand et Robert Fielding inaugurant en beauté et en qualité, la première exposition de la Fondation Opale.

Le photographe-reporter Yann Arthus-Bertrand :
Il n’est pas utile de revenir sur sa biographie,vous trouverez quantité d’informations à son sujet sur le web! Et d’un commun accord, son nom évoque immédiatement “ Le Livre” qui lui a apporté une notoriété mondiale : “La Terre vue du ciel” (+ 4 millions d’exemplaires vendus) ! Sa première rétrospective mondiale intitulée “Legacy”, à la Fondation Opale ,semble une évidence! L’amitié entre le photographe et la propriétaire des lieux a sans doute facilité la mise en place très rapide de l’exposition (4 mois)! “Ses photos m’accompagnent depuis de nombreuses années et je partage avec lui de nombreuses valeurs” affirme la collectionneuse. Vous découvrirez 230 photographies sélectionnées par Arthus-Bertrand, riche témoignage de sa vie d’artiste engagé depuis le début de son parcours.

L’accrochage met en lumière ses sujets de prédilection comme l’animalier, avec Safari, l’impressionnante série “Bestiaux” et “Chevaux”, l’Humain avec les portraits de “Français”, notre planète, sa beauté et ses blessures avec les célèbres vues du ciel. Deux films sont également présentés dont un montage vidéo en rapport avec le film “Human” (2015) et un extrait des interviews réalisés avec 40 femmes valaisannes dans le cadre du projet “Woman” qui verra le jour en 2019. Le choix des oeuvres ne laisse aucun d’entre nous indifférent. “Pendant 3 décennies, j’ai survolé la planète pour ramener des photographies. Elles témoignent, à leur manière, de l’état du monde. Capturer une image ne prend qu’un instant. Or, si elles émerveillent, chacune de ces images raconte une histoire qui va bien au-delà d’une fraction de seconde” dit le photographe en préface du livre, édité en lien avec l’exposition.

Quel est donc le lien entre le travail de Yann Arthus-Bertrand et l’art aborigène, raison d’être principale de la Fondation Opale, que Berengère Primat défend avec enthousiasme depuis plus de 15 ans ? Comme elle le dit si joliment dans la préface du livre “Legacy”: Son travail “se rapproche” des préoccupations des peuples aborigènes qui ont su garder un lien très fort avec la Terre…L’art stimule les émotions, les sensations et même les réflexions qui souvent aboutissent à des prises de conscience”. Il ne fait aucun doute que l’oeuvre d’Arthus-Bertrand a toute sa place à la Fondation. Le photographe engagé partage avec son amie cette admiration pour cet art ancestral plein de spiritualité et de respect pour l’environnement et la vie sur terre malmenée par une croissance incontrôlable et néfaste sous bien des aspects! Les peuples aborigènes étant eux-même victimes de ces bouleversements.

Yann Arthus Bertrand

L’artiste Robert Fielding :

En dialogue avec le travail d’Arthus-Bertrand, Berengère Primat a souhaité invité l’artiste aborigène Robert Fielding, dont c’est la première exposition individuelle hors d’Australie.Cet artiste majeur, “fils de la génération volée” comme le décrit la collectionneuse, est né en 1969 d’une mère d’origine pakistanaise/aborigène et d’un père aborigène. Il grandit dans une famille de 12 enfants, influencé par deux cultures différentes. Elevé selon le mode de vie occidentale, il découvre ses origines aborigènes à l’âge de 30 ans. Son travail artistique est le reflet de sa quête identitaire et porte témoignage de ce clash des cultures permanent sur le vaste continent australien.

Robert Fielding se sert de tous les médias disponibles pour sublimer son besoin d’expression artistique : vidéos, installations, et la photographie principalement. Vous découvrirez notamment une vidéo et une 50 d’images dont la magnifique série sur les vieilles voitures abandonnées…Un message fort en émotions au travers de ces carcasses qu’il transforme en oeuvres d’art! “Là, d’où je viens, au coeur de l’Australie, la voiture véhicule non seulement des personnes, mais également des histoires entre les cultures, les mots et les langues” dit-il. Immortaliser par la photographie l’instant présent, fugace, sublimer la nature et les choses, même lorsqu’elles sont abîmées, usées, par le temps, et les dégradations causées par l’homme…Voici le point de rencontre entre deux artistes militants, vivant aux antipodes, mais qui grâce à la Fondation Opale et son équipe se retrouvent côte à côte dans cette exposition inaugurale.

Robert Fielding

robert fielding graveyards in between 2017 fondation opale lens

Si comme le précise Gauthier Chiarini, le nom de Yann Arthus-Bertrand est gage de succès pour cette première exposition à la Fondation Opale, en plus de cette rétrospective mondiale, vous découvrirez le sublime travail de Robert Fielding présageant des expositions à venir sur l’art aborigène et son rapport avec l’art contemporain à travers le monde.

Nous ne pouvons conclure cet article sans faire un immense clin d’oeil à l’équipe du restaurant “L’Opale”, que nous avons eu le plaisir d’inaugurer lors de la conférence de presse. La décoration, d’inspiration nature australienne, par ses matériaux et couleurs, crée une belle atmosphère, la vue sur le lac du Louché et les montagnes fait un joli contraste. Berengère Primat avait sélectionné un menu végétarien pour coller aux préférences de Yann Arthus-Bertrand, nous nous sommes tous régalés. Alors un grand bravo à l’équipe en salle, menée par David Duc,  et en cuisine sous la houlette du jeune chef, Grégory Klein, qui est venu nous saluer en fin de repas.

Nous tenons à remercier spécialement Berengère Primat, Gauthier Chiarini et Aurélie Charlet (communication) pour leur accueil chaleureux lors de la conférence de presse et leur envoyons nos voeux les plus sincères pour la Fondation Opale en 2019 et au-delà.

Restaurant l’Opale

« Legacy : une vie de photographe »

du 16 décembre 2018 au 31 mars 2019

Rétrospective Yann Arthus-Bertrand/Exposition Robert Fielding

Fondation Opale

Route de Crans, 1

1978, Lens, Suisse

Mer-Dim : 10h – 18h

Ouverture exceptionnelle du Centre d’art les 24 et 31 décembre de 10h à 17h

tel : +41 (0)27 483 46 10

mail : info@fondationopale.ch