Print Friendly, PDF & Email

L’OMS déclare le mois d’Octobre rose…

Chaque année, le mois d’octobre est, dans les pays du monde entier, un mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein, afin d’attirer une plus grande attention sur la maladie, de favoriser la prise de conscience, et d’accroître le soutien apporté au dépistage précoce.

seletfeu

Anne-Christine Menu-Lecourt est la fois artiste, mère, femme et pasteure. « Mais c’est comme femme faisant partie tout à coup de l’humanité féminine en souffrance que je me suis concentrée sur le combat à mener contre la maladie » nous explique-t-elle en nous présentant  son livre « De sel et de feu, au coeur du cancer un chemin d’espérance ».

Diagnostiquée en 2015, elle décide de tenir un journal, mouvement d’écriture qu’elle expérimentait depuis un an et qu’elle analyse comme un exutoire : « l’écriture permet de faire passer le temps et de réaliser que tout n’est pas noir. » Son combat dure sept mois pendant lesquels elle écrit, peint et photographie.

Ayant déjà publié un premier livre nommé « De poussière et de ciel », elle soumet   ses textes à des amis qui l’encouragent à les publier. « Il s’agit de mettre des mots sur des maux, ce dont j’ai eu l’habitude comme pasteure. Là, certains peuvent me juger impudique mais c’est dans le dévoilement qu’on rencontre l’autre » s’excuse-t-elle presque.

Car c’est peut-être la grande découverte de ce long parcours : l’humour indispensable, la rencontre en profondeur de l’autre, l’importance des petits riens. « Chacun réagit avec les outils qu’il a » résume celle qui intercale certaines pages avec des psaumes revisités, des peintures et des photographies effectuées pendant ces mois de lutte.

Il s’agit donc d’une chronique qui reprend les étapes clé que chaque femme doit traverser quand elle se bat contre le cancer du sein. Anne-Christine Menu-Lecourt y met ses colères, ses interrogations, ses découvertes : la petite boule, le PET-scan, la peur, la perruque… Mais elle y glisse aussi ses espérances et ses joies : sidération, lumière…

C’est également un récit qui permet aux accompagnants, famille et amis, de comprendre de l’intérieur ce que ces femmes vivent et quelles attitudes elles peuvent attendre de nous.

« De sel et de feu, au coeur du cancer, un chemin d’espérance »

d’Anne-Christine Menu-Lecourt

Editions Ouverture

Morceaux choisis :

Après l’annonce du diagnostic, je n’a pas eu le temps de gamberger : la première parole de ma doctoresse a été : « vous n’y êtes pour rien. » Répétés par mon oncologue, ces mots ont arrêté net toute vaine recherche de sens ou l’arrimage à un sentiment pernicieux de culpabilité. Les questions « pourquoi moi ? Qu’ai-je fait ou pas pour tomber malade ? » n’ont pas eu prise sur moi.

Ne me demandez pas à tout bout de champs comment ça va, comment s’est passée ma journée, qu’est-ce qui va m’arriver ? (…) Racontez-moi, la vie, oui racontez moi la vie, vos petits riens du quotidien, vos choix, vos renoncements, vos quotidiens…

Hier, j’ai balisé mon chemin, mis en place mes piliers de résilience : cours de sculpture céramique, rendez-vous promis, peintures, projets là-bas, à l’autre bout du tunnel. J’espère, j’y crois, j’y tiens.

«  Tu es vivante ! », c’est le cri de joie de mes amis qui ne m’ont pas revue depuis des mois ; c’est l’expression de soulagement, le lien qui ne s’est pas rompu, l’amitié chaleureuse qui continue à circuler