Bâle met en lumière Gertrud Dübi-Müller, une passionnée avant l’heure

Avez-vous jamais entendu parler de Gertrud Dübi-Müller ?
Cette native de Soleure, orpheline à 6 ans et héritière d’une coquette fortune, n’a cessé de croquer la vie à pleine dent. Comme une Ella Maillart avant l’heure, elle n’a eu de cesse d’explorer le monde et de se confronter à l’inconnu avec passion : conduite automobile ( au volant d’une piccard-pictet dite pic-pic, elle traverse les Alpes suisses et relie les différentes capitales européennes comme Berlin, Paris, Rome ou Vienne), alpinisme (avec l’ascension du Cervin notamment), vol en dirigeable (elle traverse la mer méditerranée), ski ou patinage… Rien ne lui fait peur ! Mais cette curiosité se traduit aussi à travers son goût pour l’art, de la photographie à la peinture.
Initiée par l’artiste suisse Cuno Amiet et par le fondateur du musée d’art de Soleure Oscar Miller dont la fille Hani était une de ses amies, elle collectionne environ 180 peintures durant sa longue vie (1888-1980). Avec un goût certain, elle choisit des œuvres de Cézanne, Van Gogh, Giacometti, Matisse, Klimt ou Hodler. Ce dernier devient un ami proche et elle pose pour lui 17 fois ! Elle s’intéresse particulièrement à la vie de Van Gogh et se rend à Saint Rémy-de-Provence pour rencontrer le personnel de l’institution où il était accueilli et mieux comprendre sa personnalité.
Une exposition exceptionnelle à Bâle
Le Kunstmuseum de Bâle propose de la rencontrer à travers cette exposition intitulée Van Gogh, Hodler et un cabriolet. En admirant près de 80 œuvres appartenant à sa collection personnelle, aussi bien des peintures que certaines de ses photographies, nous sommes invités à re-découvrir celle qui fut une des plus grandes mécènes suisses.
Le saviez-vous ? Gertrud Dübi-Müller et Genève.
Ses liens avec Genève étaient ténus et dépendaient surtout de son amitié avec le peintre Ferdinand Hodler. En 1905 et 1906, elle étudie les langues étrangères à Genève et à Londres. En 1909, elle rend visite à Ferdinand Hodler dans son atelier genevois avec sa sœur Margaritha. Elle y achète sa première œuvre du peintre, le tableau « Jeune femme assise dans le jardin ». Une belle amitié naît. C’est à l‘occasion d’un autre séjour à Genève en 1911 qu’Hodler la peint pour la première fois, la représentant en pied vêtue d’une robe de soie rose ; le portait se nomme tout simplement « portrait de Gertrud Müller ».
La même année, elle acquiert à Genève une voiture Pic-Pic qu’elle conduit elle-même.
En 1918 apprenant qu’Hodler est gravement malade, elle lui rend visite et l’emmène en excursion à Cologny. Il décède le lendemain. Elle le photographie sur son lit de mort.





