« Pour le meilleur » au cinéma, une leçon d’optimisme et de volonté !
Virginie Hours – Avril 2026
L’histoire :
Philippe et Suzana étaient faits pour se rencontrer ! Lui, jeune ouvrier métallo de 26 ans, est amputé des quatre membres suite à une électrocution ; elle, maman de trois filles, fuit un mari violent et harceleur. Comme un pied de nez à la vie, ils tombent amoureux et décident de partager leur existence pour le meilleur ! Cette décision les conduit à se lancer un pari fou mais symbolique : et si Philippe traversait la manche à la nage ?

« Pour le meilleur » de Marie-Castille Mention-Schaar
Avec Pierre Rabine, Lilly-Fleur Pointeaux, Corinne Masiero, Sandrine Bonnaire, Pierre Deladonchamps, Zinedine Soualem
Date de sortie Suisse et France : 22 avril 2026
En pleine vérité
La réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar aime raconter des histoires de destin chahuté. Ainsi avec Divertimento en 2022 elle racontait comment les sœurs Ziouani conquièrent leur place dans le monde musical sans renier leur histoire personnelle. Cette fois-ci, elle a rapidement été conquise par l’histoire de Philippe et Suzana… Non seulement celle des exploits de Philippe mais surtout celle de leur couple. Le film se divise tout naturellement en deux parties : la première conte leur rencontre, leurs relations amoureuses et cette volonté d’unir leur vie malgré les complications de l’existence ; la deuxième se concentre sur le pari de Philippe, ses entraînements et le soutien de Suzana. Certes, on connait la fin de l’histoire (ne regardez pas le teaser qui apparait comme un résumé maladroit du film) et la réalisation est de facture très classique sans véritable suspens ni nouveauté. L’intérêt du film est donc ailleurs… Il s’agit de donner un message d’espoir dans une période qui va mal et renvoyer une image positive à la fois du monde du handicap et des vies personnelles malmenées par le destin… Il ne faut jamais se résigner ! D’autres films ont traité ce thème de la personne handicapée qui parvient à vivre heureuse « malgré tout. » On peut citer les désormais classiques Intouchables de Éric Toledano et Olivier Nakache et Un p’tit truc en plus d’Artus. Marie-Castille Mention-Schaar évite les écueils du mélodrame et du patho en utilisant un récit factuel.
Pour atteindre son objectif, elle a fait appel à Pierre Rabine, lui-même sportif de haut niveau et pluri handicapé. Ce Vendéen de 26 ans, médaille de bronze sur 50 mètres aux Jeux Paralympiques de Paris, met beaucoup d’humanité dans ce corps réduit à l’image d’une saucisse par l’ex de Suzana mais qui souhaite conserver dignité et respect. Face à lui, la franco-australienne Lilly-Fleur Pointeaux oppose ses rondeurs et ses grands yeux bleus. A travers elle, nos perceptions se modifient et on regarde différemment ce jeune homme toujours beau et à l’humour bien senti. Les seconds rôles sont attachants à commencer par Corinne Masiero en maître-nageur sceptique qui traîne son air bourru habituel. On a aussi plaisir à retrouver une Sandrine Bonnaire qui se fait rare actuellement.
L’exploit
Sur un coup de tête, Philippe se lance le défi de traverser la Manche à la nage, technique très différente de la nage en bassin fermé comme en piscine. By The Lake se fait l’écho depuis longtemps de cette pratique qui compte de plus en plus d’adeptes. Pour l’aider, le vrai Philippe a sollicité les conseils de Jacques Tuset, un grand champion de la nage en eau libre et en situation extrême. Il y joue son propre rôle, promenant sa grande stature dans la dernière partie du film. By The Lake l’avait interviewé à l’occasion de sa participation à la coupe de Noël en 2016.
Un film positif qui fait du bien.




