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Swann Oberson en quelques chiffres…

38 titres Nationaux,

un titre de Championne du Monde en 2011 (sur 5km)

deux participations aux Jeux Olympiques sur le 10km en eau libre (Pékin 2008 et Londres 2012)

Après un beau palmarès, cette habituée des bassins et des distances longues a décidé en 2016 de tourner la page, de quitter la compétition et de reprendre une vie « normale »… Mais la passion reste là et elle est bien décidée à nous faire découvrir une discipline encore méconnue mais spectaculaire : la nage en eau libre.

Rencontre.

Virginie Hours : Pourquoi la natation ?

Swann Oberson : Mes parents voulaient partir faire un tour du monde en voilier. J’avais 4 ans et ma mère trouvait important que mon frère et moi sachions nous débrouiller dans l’eau. Elle nous a donc inscrits tous les deux au NSG (Natation Sportive Genève). Si mon frère détestait ça (il s’est ensuite dirigé vers le hockey sur glace), j’ai tout de suite beaucoup aimé et quand on m’a proposé de passer à la compétition, j’ai continué.

VH : Une idée derrière la tête ?

SO : Pas du tout même si les cinq frères de ma mère sont très sportifs et si mon père a été un coureur cycliste professionnel à son époque. Tout s’est fait progressivement. En fait, je suis toujours allée à la piscine pour le plaisir et je pense que c’est la raison pour laquelle j’ai pu aller jusqu’aux JO car sinon, la natation est un sport très ingrat, très solitaire.

VH : Quand est-ce qu’on décide de passer du grand bassin à l’eau libre ?

SO : Tout d’abord, au fil des compétitions, j’ai compris que j’étais faite pour les longues distances comme le 800 mètres. J’ai donc évolué de la brasse au crawl. Et puis, l’appétit vient en mangeant… A partir de 2005 grâce à mes résultats, j’ai intégré l’équipe nationale suisse et j’y suis restée jusqu’en 2014. Je nageais sur 800 mètres (médaille d’argent à la coupe du monde de Moscou en 2007) qui est une distance encore assez rapide. Ce n’est pas de l’endurance. Or, la nage en eau libre (sur 10 kilomètres) n’était pas une discipline olympique jusqu’en 2008. C’est alors que mon entraineur m’a proposé de me lancer et d’essayer de me qualifier pour les JO de Pékin. Et ça a marché. Personne ne m’attendait car je n’ai été qualifiée qu’au dernier moment et finalement, je suis arrivée 6ème… A partir de là, tout s’est enclenché : j’ai bénéficié d’une bourse d’études pour aller au Canada avant de demander à aller m’entraîner en Allemagne pour intégrer une équipe et être moins seule lors des entraînements. Et je suis devenue championne du monde sur 5 kilomètres à Shanghai en 2011.

VH : Est-ce-que ta participation aux JO de Londres en 2012 a marqué un tournant ?

SO : Oui, car ça ne s’est pas bien passé. Nous avons nagé à Hyde Park et l’eau était trop froide pour moi (19°C). Même si je connaissais ma faiblesse et que j’avais essayé de m’y préparer, j’ai été tétanisée tout au long de la course… Je me suis quand même accrochée pour finir mais à la 18ème place ! Du coup, j’ai réfléchi et j’ai repris des études tout en continuant à m’entraîner. Et en 2016, j’ai décidé d’arrêter. S’entraîner pour les JO de Rio n’avait plus beaucoup de sens. J’avais 29 ans, j’étais contente de ma carrière, j’avais encore du plaisir à nager… C’était le bon moment.

VH : Quelles sont les particularités de la nage en eau libre ?

SO : C’est un sport assez violent, très physique. Les sensations sont aussi très différentes de la nage en piscine et quelqu’un qui est rapide en bassin ne l’est pas forcément en eau libre car on perd ses repères et on doit à chaque fois les reconstruire. Par exemple, la nage dans le Léman est très différente de la nage dans la mer de Chine ou à Cancun. Il faut donc travailler sa capacité à s’adapter à tous les milieux. C’est pour cela que généralement, avant chaque grande course comme les JO, on a une semaine pour s’entrainer là où aura lieu la compétition, pour repérer les courants, le rythme, les vagues, etc… Mais cette capacité ne s’acquiert que par l’expérience.

VH : Et aujourd’hui, quels sont tes projets ?

SO : J’ai fait des études pour être professeur de sport en primaire et j’attends mon affectation. J’ai également monté une association nommée SportiGenève, avec d’autres anciens sportifs et amis, Juliane Robra (judo), Lucas Tramèr (aviron), Sébastien Chevallier (beach-volley) et Alexandre Roch (course à pied). L’idée est d’apporter notre expérience aux jeunes sportifs pour les conseiller sur tout sujet (financement, entrainement, coaching) mais aussi aux associations qui souhaitent mettre en place des manifestations sportives. J’ai aussi crée mon académie de natation pour partager ma passion et j’organise la traversée du lac de Mai à Septembre. Et puis, je nage pour le plaisir…

Swim Academy

Swann Oberson

Piscine de Thônex
Chemin de Marcelly 8
1226 Thônex, Suisse

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