Print Friendly, PDF & Email

Virginie Hours

C’est l’histoire d’une passion et d’une rivalité toute féminines.

A une époque où les femmes se promenaient en jupe de flanelle et chemise à jabots, nombre d’entre elles ne pouvaient résister à l’appel des montagnes, à commencer par l’anglaise Lucy Walker.

Née à Liverpool en 1836 dans une famille aisée, Lucy Walker découvre la marche à l’âge de vingt-deux ans sur les conseils de son médecin car elle souffre de rhumatisme. A cette époque, la révolution industrielle permet à de nombreux anglais de se bâtir des fortunes et de vivre de leur rente en parcourant l’Europe et en découvrant l’alpinisme notamment en Suisse. Lucy Walker et sa famille sont de ceux-là. Elle accompagne alors régulièrement son père Frank Walker et son frère Horace, tout deux membres de l’Alpine Club. Elle se passionne et rapidement, elle acquiert ses lettres de noblesse avec notamment l’ascension du Balmhorn et de l’Eiger en 1864, du Wetterhorn en 1866, du Lyskamm en 1868 et du Piz Bernina en 1869. Reste le plus connu, le Cervin (ou Matterhorn). Celui-ci a été vaincu six ans auparavant en 1865 par son compatriote Edward Whymper.

Quelle femme réussira l’exploit ?

Elles sont deux à en rêver : Lucy Walker et l’américaine Meta Brevoort.

Lucy Walker tente l’ascension déjà en 1868 mais elle doit rebrousser chemin à cause du mauvais temps alors qu’elle atteint une altitude d’environ 4000 mètres en passant par le versant italien. En 1871, comprenant que l’américaine va tenter de nouveau l’ascension, elle organise alors rapidement une cordée et tente le tout pour le tout. Avec succès, le 22 Août 1871… Sportivement, Meta Brevoort la félicitera lors de leur rencontre à Zermatt, quelques jours plus tard.

Le magazine britannique Punch lui dédie un poème intitulé « A lady has Clomb to the Matterhorn’s Summit :

« Une femme est montée au sommet du Cervin

Qui, presque pareil à un monument est pointé vers le ciel,

A peine moins raide que le fil d’une sonde

Suspendue – que personne ne pourrait gravir, sinon une mouche

Cette femme a aussi escaladé le Weisshorn

Et ce qui est bien mieux, l’a aussi descendu

Les pieds les premiers ;

Ce Weisshorn, on pourrait bien l’appeler “Icehorn”

Tant il est glissant, et ce n’est pas une petite affaire de s’y hisser !

Aucun glacier ne la fait reculer, aucun précipice ne la contrarie,

Aucun pic n’est trop haut pour elle, si sublime soit-il !

Trois fois, accordez trois fois des hourras en l’honneur de l’intrépide Miss Walker.

Dites donc, mes garçons, ne sait-elle pas comment grimper ! »

La même année, Lucy Walker grimpe en haut de l’Eiger pour la quatrième fois. En 1909, elle devient membre du Ladies’ Alpine Club dont elle sera la présidente de 1913 à 1915.

Elle décèdera à Liverpool en 1916.

Elle disait se nourrir exclusivement pendant ses ascensions de génoise, de champagne ou d’Asti Spumante, un vin blanc mousseux italien.

.

Lucy Walker, au centre en haut

Lucy Walker

Pour vivre son aventure :

Pour la troisième année, un spectacle est organisé à 2600 mètres d’altitude pour raconter l’exploit de Lucy Walker. « La rencontre avec la jeune femme Lina de Zermatt motive Lucy non seulement à escalader le Cervin, mais aussi à déplacer des montagnes… »

A partir du 11 Juillet 2019 au Riffelberg.

Le Riffelberg est une gare ferroviaire du Gornergrat, une voie ferrée à crémaillère qui relie la station de Zermatt au sommet du Gornergrat. La station est située à l’ouest du Gornergrat, dans la commune suisse de Zermatt et le canton du Valais, à une altitude de 2 582 m au-dessus du niveau moyen de la mer

carnaval evolene