Print Friendly, PDF & Email
[av_post_meta]

Savez-vous que se trouve, dans le canton de Vaud un des plus importants musées d’Europe dédié à la photographie ? Le Musée de l’Elysée. En cherchant l’étymologie de ce nom dans le dictionnaire, nous avons opté pour cette définition : lieu agréable, où il fait bon séjourner. Et le Musée, ancienne demeure, bâtie par Mr Fraisse, entre 1780 et 1783, possède un point de vue superbe sur le Léman, agrémenté d’un parc verdoyant où il fait bon flâner en toute saison.

Plusieurs propriétaires s’y sont succédés, et en 1971, la propriété est rachetée par l’Etat de Vaud qui la transforme en musée (1980-1985). Il accueille temporairement le Cabinet cantonal des Estampes avant de devenir, en 1985, le Musée que l’on connaît, grâce au vaudois, Charles-Henri Favrod, journaliste, écrivain, et producteur, grand passionné de photographie et lui-même collectionneur. 34 ans plus tard, quelle est l’actualité du Musée ?

Pour répondre à nos questions, Julie Maillard, responsable de la communication et de la presse, nous accueille au Café Elise, un espace agréable d’échanges et de lecture.

Sonia Jebsen : Bonjour Julie et merci de votre accueil. Parlez-nous rapidement du développement du Musée jusqu’à nos jours…

Julie Maillard : Au fil des années, le Musée a évolué sous la houlette de chaque directeur et maintenant, directrice, puisque c’est Tatyana Franck qui tient les rênes depuis 2015. Rapidement, les expositions ,produites par le Musée, se sont déroulées à la fois intra et extra-muros, dont certaines à l’étranger (jusqu’à 69 vernissages en une année!).  Le Musée de l’Elysée a toujours eu pour ambition de repousser les limites de ses quatre murs et montrer au public la photographie dans toute sa diversité. En 2010,  la Nuit des images a été lancée ainsi que le magazine Else, mettant en avant la nouvelle photographie, et en 2014, le Prix de l’Elysée ouvert aux artistes internationaux à mi- carrière, avec le soutien de Parmigiani Fleurier.

Sonia Jebsen : Quel est le rôle principal du Musée et quels évènements animent la programmation ?

Julie Maillard : Le coeur de notre métier est à la fois de conserver un patrimoine photographique unique et de créer des expositions. Nous en organisons 3 à 7 par an, mettant parfois en parallèle, le travail d’un photographe célèbre et celui d’un jeune artiste. Nous essayons également de repérer les futurs talents à l’internationale, comme c’est le cas dans l’exposition reGénération, lancée en 2005.  La prochaine édition aura lieu en 2020. J’ai déjà mentionné le Prix de l’Elysée soutien à la production, avec pour les 8 nominés, un projet de livre sur leur travail. Nous mettons en avant l’édition en photographie comme outil indispensable de mémoire.

Sonia Jebsen : Quelle est l’actualité du Musée et la programmation à venir durant cette période de transition ?

Julie Maillard : Les expositions du moment mettent à l’honneur  l’oeuvre de deux photographes : Martine Franck (1938-2012), une rétrospective avec 140 photographies sélectionnées par l’artiste de son vivant, et le projet de l’autodidacte, Vasantha Yogananthan (1985), « A Myth of Two Souls ». A voir jusqu’au 5 mai. Puis du 29 mai au 25 août, nous présenterons le projet d’un artiste suisse, Yann Mingard, intitulé « Tant de choses planent dans l’air, d’où notre vertige », en lien avec les problématiques environnementales. Sans oublier la Nuit des Images, le samedi 22 juin. Un évènement qui remporte beaucoup de succès. Du 18 septembre au 5 janvier 2020, les visiteurs pourront découvrir l’oeuvre de la photographe américaine, Jan Groover (1943-2012), dont le Musée a reçu le fonds d’archives complet en 2017. Cette exposition permettra de mettre en lumière son travail, un peu tombé dans l’oubli, une recherche permanente d’esthétisme au travers de différentes techniques. Nous informons également le public qu’à partir du 29 mai, l’entrée du Musée sera gratuite. En effet, le Conseil d’Etat nous a accordé la gratuité car dans le cadre du déménagement du Musée à PLATEFORME 10, nous réduisons le nombre d’expositions. Dès cette période, le public pourra d’ailleurs voir les équipes des collections à l’oeuvre et découvrir par des activités inédites et participatives les étapes de ce chantier historique.

Sonia Jebsen : Où en est le développement de PLATEFORME 10, à ce jour ? Décrivez-nous le bâtiment qui accueillera le Musée de l’Elysée, ainsi que le Mudac ?

Julie Maillard : Comme vous le savez, peut-être, le projet de PLATEFORME 10 accueillera trois musées, le Musée Cantonal des Beaux-Arts (mcv-a), le mudac et le Musée de l’Elysée. La réalisation du futur bâtiment qui regroupera le mudac et le Musée de l’Elysée a été attribuée au  cabinet d’architectes portugais, Manuel et Francis Aires Mateus. Le chantier se trouve sur l’ancien site des halles CFF Locomotives. Il ouvrira, dans son intégralité,  en octobre 2021. Cependant, le week-end du 4 avril, les architectes du canton remettront les clés au mcv-a, lors d’un évènement public, et sa première exposition sera inaugurée en octobre 2019. En ce qui nous concerne,  afin d’effectuer le déménagement dans les meilleures conditions, le Musée fermera pendant un an,  à partir d’octobre 202o. Nous planifions l’ouverture à PLATEFORME 10 à l’automne 2021. La capacité d’accueil de la nouvelle structure sera de 25’000m2, nous permettant de doubler la surface d’exposition et de tripler celle de stockage. Nous pourrons alors réunir dans un même lieu l’immense collection de photos, fonds complets (1 million d’objets) actuellement conservés dans 4 espaces différents! Et avoir le plaisir de les exposer aux yeux du public…Certains espaces seront modulables, d’autres dédiés à un usage spécifique : expos temporaires, collections, médiation ou exploration digitale. Notre but est d’optimiser la mise en scène en utilisant les techniques les plus adaptées et en suivant l’innovation au plus près.

Projet Plateforme 10
@AiresMateus, architectes

Nous remercions cordialement Julie Maillard de nous avoir accordé cet entretien. Un échange plein d’ouverture et de richesse à un moment crucial de la vie du Musée de l’Elysée. Mettons en avant toutes les activités auxquelles le public est invité à participer gratuitement durant les prochains mois, et grâce auxquelles vous découvrirez la vie « secrète » de cette institution au rayonnement international. Alors à vos agendas! Pour la petite histoire, Julie Maillard nous a gentiment offert un jeton pour nous faire tirer le portrait au Photomaton situé dans le café Elise. Idée très sympathique, le résultat…sans commentaires!!! Plateforme 10…une aventure à suivre…https://plateforme10.ch/fr/partners/musee_de_l-elysee

Musée de l’Elysée

18, avenue de l’Elysée

1006 Lausanne, Suisse

Mar-Dim : 11h – 18h

tel : +41 (0) 21 316 99 11

mail : info@elysee.ch