Sonia Jebsen – avril 2020

Huiles sur toile @ChristineGaillard

Période de confinement oblige,  les galeries d’art, musées, fondations et autres espaces artistiques ont dû fermer leurs portes au public! Dans la réalité physique, oui!  Mais c’est sans compter avec le virtuel dont l’utilité et la pertinence sont brûlantes d’actualité depuis ces dernières semaines. Certains  ont été précurseurs en matière de visibilité des artistes et de leur travail, Myriam Bongard en fait partie. Dés 2009, elle crée sa galerie d’art en ligne,  www.artbongard.com

Curieuse professionnelle, Sonia part toujours un appareil photo à la main, pour partager les beautés de la région ou sa passion pour l’art et les artistes.

Sonia Jebsen : Vous avez créé ART BONGARD il y a plus de dix ans, quelles étaient vos motivations à l’époque ?

Myriam Bongard :  C’était novateur! Depuis le départ, mon objectif est de soutenir des artistes professionnels de qualité qu’ils soient locaux, suisses ou internationaux. Mon critère de sélection se base sur un travail authentique, original et personnel, porteur d’une émotion, d’un supplément d’âme. Je les mets en contact avec mon réseau en leur offrant la visibilité d’une galerie virtuelle, sans aucun frais! Les artistes peuvent ainsi mieux vivre de leur art entre les expositions.

Sonia Jebsen : Concrètement, quelle est votre approche en lien avec les artistes et leur travail (sans dévoiler vos secrets bien sûr) ?

Myriam Bongard : Je sélectionne personnellement les artistes que je décide de soutenir. En général, je suis l’évolution de leur travail depuis plusieurs années. Puis, je les rencontre dans leurs ateliers pour sélectionner les oeuvres mises en ligne sur le site, mais aussi exposées dans des lieux réels. Nous imaginons ensemble des projets. Lorsqu’il y a de l’intérêt pour une oeuvre ou un artiste, le contact est créé avec les collectionneurs, suivi d’une rencontre.  Depuis plus de dix ans, j’agis en tant que curatrice pour des évènements artistiques, avec ou sans partenariats. Et mon expertise me permet de guider les particuliers, collectionneurs et entreprises souhaitant acquérir une oeuvre.

Land Art @MireilleFulpius

Sonia Jebsen :  En cette période de crise sanitaire et confinement, les acteurs de l’art sont obligés de repenser leur communication, leur visibilité, leur relationnel… Quelles sont vos réflexions à ce sujet ?

Myriam Bongard : Cette pandémie chamboule toute notre vie. L’économie, les musées, galeries et artistes en font également les frais. Il ne faut pas oublier qu’ils ont besoin de vendre pour vivre. Cette crise les  fragilise.
Mais ce coup d’arrêt permet une prise de conscience personnelle et collective sur les futilités de notre monde et nos privilèges. Voyager pour visiter une exposition, une foire d’art en est un, car en fait, peu de gens y ont accès. Aujourd’hui la visibilité online apparaît comme un outil indispensable pour accéder au plus grand nombre et continuer à exister. C’est notamment le cas pour la majorité des musées à Genève.  En ce qui me concerne, l’art est une nécessité, une force humanisante et non un luxe, surtout en temps de crise.

Sonia Jebsen : Vous exercez à domicile, donc le télé travail n’est pas une nouveauté! Est-ce suffisant pour faire fonctionner une galerie d’art, même virtuelle ?

Myriam Bongard :  Depuis la création d’ ART BONGARD, mon travail fait partie de mon lieu de vie. Mais heureusement, je suis aussi dans le concret avec les artistes, les oeuvres, la clientèle. Je pense que les deux sont nécessaires et complémentaires dans un domaine qui touche à l’émotion. Un regard virtuel sur une oeuvre peut créer l’envie, mais ne peut  remplacer, selon moi, l’émotion engendrée par le contact physique.

Sentôshô, A Wish on a Wing @TsuyuBridwell