Pascale Deppierraz – Septembre 2015

La Versoix  prend sa source au pied du Jura près de Divonne en France pour se jeter 22 kms plus loin dans le Léman

Retrouvez les balades de Pascale Deppierraz sur son site : Madelon en vadrouille

Comme il est des façons de découvrir presque par hasard de nouveaux chemins vers soi en suivant un bord de rivière, je décide de tenter gaillardement une tromperie loin de mon fleuve vaudois. 

Je pars de l’arrêt de bus de Chavannes-des-Bois (VD) et longe la route en direction du château. D’abord je me perds puis me repère grâce aux balises jaunes à la sortie du village.

Tout plat dans la campagne, le chemin me laisse face à un village qui se dessine sur fond de Jura et je traînasse avec un petit air narquois : une balade genevoise, non mais franchement ! C’est à ma gauche en stoppant devant un pont qui mène en France que je me glisse sur un sentier terreux. Et paf !

C’est là que je tombe en amour !  C’est tout simplement incontrôlable.  Le sentier est excitant et je vais de surprises en plaisirs. Pour coller au plus près à ces coins charmants, ces remous et autres replats pour le pique-nique je décide de prendre systématiquement le chemin le plus proche de l’eau. Coller serré, serrer serré, serrer à droite, toujours serrer à droite.

Pour rester dans le sillage du ruisseau vert soie, je laisserais même la vie en jaune à sa pente et tirant un trait sur son balisage  pour continuer à plat au bord de l’eau. La sente est belle. Je ne vais pas me perdre mais m’abandonner. Nuance. C’est encore plus féerique qu’avant !

Je rejoins une route, fais quelques pas sur ma gauche. Serait-ce la fin ?

Rien  ne va plus. Quelques mètres et c’est le chemin balisé qui m’agrippe à droite par le cœur, m’emmène dans les fourrés, me trimbale jusqu’à La Bâtie, m’allonge dans les bois. Ah que la tromperie est jouissive. Il y a bien eu une horrible autoroute à franchir par le dessous mais cette petite galère ne changera rien.

Quelque part dans ce tourbillon j’ai sans doute lâché mon amour en suivant les balises parce que me voilà au bord d’un bisse* version genevoise. Surprenant. Que de déclinaisons pour jeter à terre mes préjugés sur ce canton. L’enchantement cède naturellement sa place à une relation apaisée.

Qu’on se le dise, le poète n’a pas toujours raison, crénom de sort ! Cette version genevoise de ma Venoge était juste parfaite et bien qu’elle ne soit pas plus que le Rhône, genevoise à cent pour cent,  elle en jette la Versoix !

Alors en guise de conclusion et avant que je ne reprenne le train-train quotidien pour mon pays vaudois,  je vous le dis : croire qu’il n’y en a point comme nous, c’est tout faux ! Voilà ce que j’ai pensé en chemin envers et avec vous,  cet après-midi en longeant la Versoix.

* Pour ceux qui ne connaissent pas : long canal qui amène l’eau d’irrigation dans le Valais.

  • Temps de marche effective : 2h30.
  • Parfois un petit sentier mais aucune difficulté technique.
  • Convient aux familles mais pas aux poussettes.
  • Chemin inaccessible lors de crues et au printemps.
  • Equipement de rando simple mais chaussures fermées.
  • NB la baignade n’est pas autorisée dans les rivières genevoises.
  • On peut pousser jusqu’à la plage de Versoix pour une baignade.
  • Pas de possibilités de prendre un transport entre le départ et l’arrivée.
  • La balade peut se faire dans les deux sens.
sonia Jebsen pour Bythelake
Marie-Christine Billa pour Bythelake